De nos cinq sens, le toucher est le plus doux et sensuel. Mais quel est le sens qui reste le plus essentiel à notre vie ?

La vue, fenêtre ouverte sur la beauté qui nous entoure, ou l’audition ?

Les malentendants profonds sont catégoriques. Il n’est de pire handicap que de ne pas entendre, d’être coupé des siens, du quotidien, de ne pouvoir parler, même de choses anecdotiques car l’homme est un animal qui vit en groupe. Ce langage et cette perception auditive restent donc le ciment indispensable à cette cohésion. Et comme dit Emmanuel Kant : « Ne pas voir sépare l’homme des choses, ne pas entendre sépare l’homme de l’homme »

Le système auditif

Le système auditif est classiquement divisé en deux parties :

–  le système auditif périphérique composé par l’oreille externe, moyenne et interne. Il va capter les ondes sonores de l’environnement pour les transformer en influx nerveux transmis au nerf auditif.
–  le système auditif central composé par le nerf auditif et le système auditif central qui vont participer au décodage et filtrage de l’information sonore.

Le système auditif périphérique

L’oreille comprend un organe mécanique de captage et de transmission des ondes sonores par l’oreille externe et moyenne ; et un organe mixte mécanique et neurosensoriel par l’oreille interne.

Les ondes sonores pénètrent dans le conduit auditif externe et frappent le tympan. La pression d’air exercée sur celui-ci est amplifiée au travers du système de leviers représenté par les osselets (marteau, enclume, étrier). Une fois transmise à l’étrier, cette pression est transformée en vibrations qui sont acheminées à l’organe de Corti présent dans la cochlée. L’organe de Corti comprend deux types de cellules ciliées : les cellules ciliées internes (CCI) et les cellules ciliées externes (CCE). Au total, la cochlée comprend une rangée de 3500 CCI et 12500 CCE disposées en trois rangées. Ces chiffres sont réellement faibles pour des populations cellulaires figées, autrement dit n’ayant pas la capacité de se renouveler au cours de la vie. Il en découle une fragilité toute particulière de cet organe sensoriel.

L’organe de Corti

Les CCI sont les véritables cellules sensorielles de la cochlée ; elles font synapse avec la grande majorité des fibres du nerf cochléaire auxquelles elles transmettent le message auditif lorsqu’elles sont stimulées. Les impulsions nerveuses émises sont acheminées par le nerf auditif jusqu’au cerveau.

Les CCE sont différentes des CCI. Elles possèdent une propriété mécano réceptrice par l’ancrage de leurs cils dans la membrane tectoriale. C’est ce que l’on appelle le mécanisme actif. Par ailleurs, grâce à leur pouvoir contractile, elles amplifient très localement la vibration dans la portion cochléaire correspondante. C’est la membrane tectoriale qui effectue un mouvement relatif de glissement et qui entraîne le cisaillement des cils les plus longs des CCE. Les CCE, donc, ont un rôle d’amplification et un rôle d’amélioration de la sélectivité par la mise en action de la CCI. La tonotopie (représentation spatiale des différentes fréquences tout au long de la membrane basilaire) devient sélective. Ainsi, deux fréquences très rapprochées peuvent exciter sélectivement deux CCI contiguës qui vont chacune grâce à leur câblage propre envoyer au cerveau un message légèrement différent. La discrimination fréquentielle ainsi obtenue est à la base de l’intelligibilité du langage.

La perte auditive

Une perte auditive se produit lorsqu’une partie des signaux sonores arrivant à l’oreille externe n’atteint pas le cortex cérébral. La perte auditive se caractérise par une diminution uni ou bilatérale, permanente ou provisoire des facultés auditives. Une échelle de malentendance, exprimée en décibel, permet de distinguer différents niveaux de perte auditive :

  • Perte auditive inférieure à 20 dB : audition normale,
  • Perte auditive de 20 à 40 dB : surdité légère,
  • Perte auditive de 40 à 70 dB : surdité moyenne,
  • Perte auditive de 70 à 90 dB : surdité sévère,
  • Perte auditive supérieure à 90 dB : surdité profonde.

On distingue généralement 3 formes de pertes auditives en fonction de la localisation des lésions :

  • La surdité de transmission affecte l’oreille externe ou moyenne et est due à des lésions du système tympano-ossiculaire. Elle se produit lorsqu’il y a entrave au passage des ondes sonores. Le bouchon de cérumen constitue une surdité de transmission, tout comme les otites.
  • La surdité de perception affecte l’oreille interne ou le nerf auditif et se situe au niveau de la transmission nerveuse des sons. La presbyacousie ou vieillissement naturel de l’oreille fait partie des surdités de perception.
  • La surdité centrale liée à une lésion des voies et centres auditifs.

Une surdité peut être mixte c’est à dire résulter d’une atteinte à plusieurs niveaux.

Le diagnostic de la perte auditive est établi par un bilan clinique ORL, qui déterminera ensuite le traitement à porter. Donc la première étape à réaliser lorsque l’on perçoit une gêne auditive est de prendre rendez-vous avec un médecin ORL.